L’autorité de contrôle de l’audiovisuel avait privé la chaîne de publicité pendant une semaine, en 2017.

Cyril Hanouna commence à cerner plus précisément ce qui, dans ses émissions, peut-être réprimé par le CSA. Mercredi 13 novembre, le Conseil d’État a rendu deux décisions concernant des sanctions énoncées contre C8 pour des séquences survenues dans « Touche pas à mon poste ». Verdict : le Conseil supérieur de l’audiovisuel est condamné à verser 1,1 million d’euros, rapporte notamment Le Monde.


« C8 demandait beaucoup plus d’argent »

En cause, un canular effectué par l’animateur en 2016, lorsqu’il avait fait croire à l’un de ses chroniqueurs, Matthieu Delormeau, qu’il venait de tuer par accident le producteur de l’acteur américain Tom Cruise. En juin 2017, le CSA prive TPMP de publicité pendant une semaine, jugeant que la chaîne du groupe Canal + a « gravement méconnu son obligation de faire preuve de retenue dans la diffusion d’images susceptibles d’humilier les personnes ». Puis, en 2018, le Conseil d’État annule la sanction, estimant qu’à aucun moment Matthieu Delormeau « n’avait été montré sous un jour dégradant, humiliant ou attentatoire à sa dignité ».

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C8 a donc réclamé 4,1 millions d’euros au CSA, au titre du préjudice subi durant la semaine d’interdiction de publicité. Le Conseil d’État, lui, a calculé que le manque à gagner s’établissait à 1,1 million d’euros. « On est dans un État de droit. La décision du CSA a été annulée par le Conseil d’État. La conséquence automatique, c’était un contentieux indemnitaire. C8 demandait beaucoup plus d’argent. On paiera. La décision est définitive », a réagi le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, Roch-Olivier Maistre, mercredi sur Europe 1.


Hanouna a placé une chroniqueuse « dans une situation dégradante »

Le Conseil d’État a par ailleurs tranché un autre litige, après une séquence impliquant, là encore, Cyril Hanouna. Durant une émission, l’animateur avait posé la main de sa chroniqueuse Capucine Anav sur son sexe, alors que cette dernière avait les yeux fermés. Condamnée à deux semaines d’interdiction de publicité, la chaîne réclamait 9,1 millions d’euros de dédommagement au CSA. D’abord déboutée en 2018, la chaîne l’a de nouveau été mercredi 13 novembre. Pour le Conseil d’État, l’épisode avait placé « la personne concernée dans une situation dégradante et tend à donner de la femme une image stéréotypée, la réduisant à un statut d’objet sexuel ».